Pourquoi avoir attendu — et contacté autant de monde
Quand la version iOS est sortie début mai, j'ai eu envie de publier la version Android dans la foulée. La base du code est commune (React + Capacitor), donc techniquement, j'aurais pu produire un APK le week-end suivant. Mais publier sur le Play Store, ce n'est pas porter l'iOS — c'est entrer dans un écosystème radicalement plus fragmenté : plus de 15 000 modèles d'appareils en circulation, sept tailles d'écran courantes, des versions d'OS qui s'étalent sur six ans, et des comportements système qui changent selon le constructeur (Samsung One UI, Xiaomi MIUI, OnePlus OxygenOS, Google Pixel stock, Huawei sans services Google…). Une app Android propre, ce n'est pas une app qui marche sur votre téléphone — c'est une app qui marche sur celui de tous les autres.
J'ai donc choisi la voie longue : contacter des utilisateurs un par un. Sur LinkedIn, dans les groupes Telegram de finance suisse, à travers mon réseau direct, j'ai demandé à des gens qui possèdent des téléphones très différents s'ils acceptaient de tester sérieusement. Samsung Galaxy S22 et S24, Google Pixel 7a et 8, Xiaomi Redmi Note 12, OnePlus Nord, Huawei P30 Pro, Sony Xperia, Fairphone — des modèles que je n'aurais jamais pu acheter et tester moi-même. Plusieurs dizaines ont dit oui, et la beta privée a démarré.
Ce que les testeurs ont changé dans l'app
Ce qui m'a le plus surpris pendant cette beta, ce n'est pas un gros bug spectaculaire — c'est le volume de petites frictions que les testeurs ont remontées. Des détails qui, mis bout à bout, font la différence entre une app qu'on garde et une app qu'on désinstalle au bout de trois jours. Voici les six mises à jour majeures qui ont émergé de ces retours, dans l'ordre :
- v0.1 — Première beta fermée Parité fonctionnelle de base avec la version iOS. Première installation chez 8 testeurs. Premiers retours immédiats : le clavier Android couvre la barre de navigation sur certains écrans, les animations sont saccadées sur les téléphones d'avant 2021, et le splash screen apparaissait deux fois au démarrage.
- v0.2 — Layout adaptatif et écrans étroits Refonte des layouts sur les écrans très étroits (Samsung Galaxy S22 en mode portrait, OnePlus Nord, Pixel 4a). Boutons d'action qui passaient sous la barre de navigation système, padding des modales recalibré, formulaires de saisie qui scrollent maintenant correctement quand le clavier apparaît. Ça paraît trivial — c'était la majorité des plaintes des testeurs.
- v0.3 — Performance sur appareils anciens Trois testeurs avec des Pixel 4a et des Samsung A52 m'ont remonté que le premier rendu du Cockpit prenait plus de 4 secondes. Optimisations en cascade : code splitting plus agressif, lazy loading des graphiques, cache local persistant entre les sessions. Le first-paint est passé de 4,2 s à 1,8 s sur ces appareils. Sur les flagships récents (Pixel 8, Galaxy S24), on tombe sous la seconde.
- v0.4 — Widgets écran d'accueil C'est la demande qui revenait le plus dans les feedbacks : « pouvoir voir mon patrimoine net sans déverrouiller l'app ». Trois widgets natifs sont arrivés dans cette version : (1) patrimoine net en temps réel, (2) graphique d'évolution sur 1 mois, (3) graphique investissements YTD. Tout est pré-calculé par l'app authentifiée et poussé vers Android — aucun calcul financier ne se fait côté natif, et le cache est effacé automatiquement au logout.
- v0.5 — Connexion biométrique et raccourcis natifs Connexion par empreinte digitale sur Samsung, Pixel, OnePlus, Xiaomi. Fallback face unlock sur les appareils qui le supportent. Ajout du geste « back » système (le swipe depuis le bord, indispensable sur Android moderne) et d'un splash screen qui ne flashe plus en blanc avant de passer en mode sombre.
- v0.6 — Material You et polish final Support des couleurs dynamiques Material You sur Android 12+ : l'app adapte ses accents à la palette du fond d'écran (en gardant l'orange Alpgain comme signature). Auto-bascule mode sombre / clair selon le réglage système. Dernières corrections sur Samsung One UI 6 (où le ratio écran était calculé différemment). C'est la version qui est publiée sur le Play Store aujourd'hui.
Ce que j'ai compris pendant cette beta : les utilisateurs Android ne sont pas plus « techniques » que les utilisateurs iOS, ils sont juste sur du matériel plus varié. Une app qui marche parfaitement sur un Pixel 8 peut être à peine utilisable sur un Samsung A52 de 2021. Sans la beta, j'aurais publié quelque chose qui aurait fonctionné pour 60 % des utilisateurs et frustré les autres. Avec la beta, on couvre 95 %+ des modèles en circulation en Suisse.
Ce que vous trouverez dans la version Android
L'app native Android reprend toutes les fonctionnalités de la version iOS et du web, avec quelques ajouts pensés spécifiquement pour Android :
- Vue patrimoine consolidée en CHF, mise à jour en temps réel — comptes bancaires, ETF, actions, crypto, 2e pilier, 3a, immobilier dans un seul écran
- 3 widgets écran d'accueil — patrimoine net, évolution 1 mois, graphe investissements YTD. Pas besoin de déverrouiller l'app pour voir où vous en êtes
- PnL réel, frais et FX inclus — la donnée que les apps américaines ne calculent jamais correctement pour un résident suisse qui investit en USD ou EUR
- Connexion biométrique par empreinte digitale ou face unlock, selon ce que votre téléphone supporte
- Material You sur Android 12+ — les accents de l'app suivent les couleurs de votre fond d'écran, tout en gardant l'identité Alpgain
- Mode sombre / clair automatique selon le réglage système, ou forcé manuellement dans les paramètres
Pourquoi la version web reste là — et le restera
Si vous ne voulez pas installer l'app, ou si votre téléphone est sous Android 6 ou plus ancien (minimum supporté : Android 7.0 Nougat), app.alpgain.ch continue de fonctionner exactement comme avant. Toutes les fonctions sont disponibles, sauf les widgets et la biométrie native. Vous pouvez « ajouter à l'écran d'accueil » depuis Chrome ou Firefox pour avoir un raccourci qui s'ouvre en plein écran.
Cette double disponibilité (web + native) est une décision volontaire : Alpgain doit rester accessible sans télécharger 30 Mo, sans créer de compte Google Play, et sans dépendre de l'App Store d'un constructeur unique. Le web reste la version la plus à jour — les nouvelles fonctionnalités y arrivent souvent quelques jours avant les apps mobiles, le temps que le Play Store et l'App Store valident la mise à jour.
La suite — ce qui arrive après le lancement
L'app est en ligne, mais elle continue d'évoluer chaque semaine. Voici ce qui est prévu pour les prochains mois :
- Connexion bancaire automatique (open banking) pour les principales banques suisses (UBS, PostFinance, Raiffeisen, Migros Bank, Swissquote, Alpian) — l'élément le plus demandé depuis le début
- Vue fiscale complète avec export PDF prêt à joindre au formulaire d'impôts cantonal (initialement Vaud, Genève, Zurich, Berne)
- Allocation cible et alertes de rééquilibrage automatiques quand votre portefeuille dérive de plus de X % par rapport à la cible
- Notifications push intelligentes — pas du spam : alertes utiles (objectif atteint, dette à rembourser, ordre limite touché, snapshot mensuel prêt)
- Synchronisation cross-device entre votre téléphone Android, votre tablette et la version web, avec reprise instantanée de l'état d'un écran à l'autre
Si vous remontez un bug ou une idée, je la lis. Vraiment. Toute la roadmap actuelle a été façonnée par les utilisateurs des premiers mois — ceux de la beta Android ont eu un impact démesuré sur la qualité finale, et ceux du Play Store auront tout autant de poids sur ce qui arrive ensuite. Écrivez-moi à contact@alpgain.ch ou utilisez le bouton « Feedback » dans l'app.
Merci aux testeurs
Cette section est courte mais essentielle. Merci à chaque personne qui a accepté d'installer une beta sur son téléphone principal, de tester des fonctionnalités qui ne marchaient pas la première fois, de répondre à mes questions, de prendre 10 minutes pour décrire un bug. Vous savez qui vous êtes. Sans vous, l'app que je publie aujourd'hui serait une version de moins bonne qualité publiée trois mois plus tôt — et personne n'a besoin de ça.